Atelier — Peinture, installation, dessin
archives of lost youths
Archives of Lost Youth met en scène des situations du quotidien dont les personnages sont anonymisés par un geste de mutation ou de décapitation. Débarrassées de leur charge personnelle, les figures deviennent insensibles au regard de la société. L’histoire que raconte le peintre cesse alors d’être la sienne et devient celle de chacun·e, comme le fantôme d’une archive perdue, rendue universelle par le partage d’un sentiment commun.
La série raconte la nostalgie d’un temps fini, qui n’existe plus. Cette réalité mélancolique convoque des souvenirs flous, altérés par les interprétations. Des échos résonnent encore à travers celleux qui ressentent le besoin du passé dans leur présent.
Une jeunesse perdue l’est parfois deux fois : par le temps, et par ce qu’il a fallu endurer pour la traverser. Ces peintures parlent de cette douleur-là, et de ce qu’elle partage avec toutes les injonctions à la normalité.
Did You See Yourself In It ?
” Je suis désolé d’être qui je suis. J’ai été, je suis et je serai toujours ce fils de pute : je crois que le travail est l’unique issue vers la réussite. Aujourd’hui, je m’éveille comme un produit fini, sculpté par les désirs d’une société qui fétichise mon jus. Le Capital tourne, imperturbable, broyant les êtres pour ne laisser derrière lui que des résidus : les peaux mortes de ceux qui sont en marge.
Ma place de bon citoyen est rythmée par des devoirs que j’accepte par pure survie : on ne marche pas sans jambes, mais mon esprit n’oubliera rien. Cette peinture, c’est mon portrait. Dans la nuit, je n’existe que par la lumière de mon écran, un spectre bleu qui fait ressortir mes traits fatigués. Mes mains sont soudées au clavier, pressées contre ma poitrine pour ressentir un reste de chaleur produit par un corps en surchauffe. Derrière moi, un oiseau libre plane, prêt à se poser sur mon épaule comme une notification suspendue.
Cela me revient comme un éclair, je n’ai pas le temps de rêvasser : on me doit des sous, et l’argent sent bon, d’une odeur si sucrée qu’on devrait en faire des bouquets de fleurs. On les distribuait aux sans-abri. En attendant, je vais arrêter de me battre. Je vais aller dormir.
Quand je me réveillerai, peut-être que tout se sera arrangé ?”
Preparatory Sketch



MEMENTO
Memento rassemble une série de portraits. Des visages surgissent comme des revenants, des présences hantent le monde de l’artiste et nous regardent à leur tour, telles des Méduses. Mais leurs regards ne sont pas directs et ne pétrifient pas : ils rendent liquides, vulnérables, et invitent à la compassion.
Les figures sont squelettiques, abîmées, en souffrance. Elles déclenchent un malaise, non pas celui d’être piégé par le pouvoir monstrueux de l’image, mais celui d’y reconnaître la part fragile de soi-même. Ces fantômes portent des vérités qui déterrent la substance de nos troubles.
Le titre vient du latin : souviens-toi. Les portraits présentés sont moins des visages identifiables que des traces de mémoire. Ils convoquent l’enfance d’un garçon queer qui a appris très tôt à porter le masque de la honte, dans une société qui présentait son homosexualité comme une faute. Cette homophobie internalisée, transmise par les conventions et retournée contre elle-même, est le terrain dans lequel les fantômes prennent racine.
L’écho du passé n’est pas convoqué pour s’attarder dans la nostalgie. Il est là pour reconnaître et soigner les blessures qui sclérosent encore le présent.
Œuvres Récentes
The faces







HYDRE
Magda Cirillo & Simon Calone
Intrication plastique: transfastes | Notice incomplète d’édifices pour hydres, merles, murs, passages | Édifice 182
Fabrics, bioplastiques, encres, fils, métal recyclé, vidéo, textes, lumières
2026
coproduction: heyheyparis! et Plateau Urbain
HYDRE, subst. fém.
- − ZOOL.
L’hydre, ou polype d’eau douce, de très petite taille, est un organisme pluricellulaire complexe, ayant la faculté de régénérer les parties de son corps qui lui sont enlevées, dont la reproduction a lieu par bourgeonnement et par œufs, et appartenant à la classe des Hydrozoaires*. Les généticiens considèrent que ce polype est immortel, notamment grâce à ses capacités régénératrices.
- − MYTHOL.
L’hydre de Lerne était un serpent d’eau monstrueux à sept têtes qu’Hercule dut tuer dans le cadre de ses douze travaux. À chaque fois qu’on lui coupait une tête, deux nouvelles têtes la remplaçaient à mesure qu’on les tranchait. Les flèches trempées dans le sang de l’hydre provoquent des blessures incurables.
Une hydre verse ses cellules chimériques dans des peaux:
Ce polype d’eau douce est un organisme pluricellulaire complexe, ayant la faculté de régénérer les parties de son corps qui lui sont enlevées. Il fait fantasmer des généticiens et des Aiôns (génération) m’as-tu-vus. __ Notre hydre est faite de l’ADN des “Gens Jaurès” (Tiers-lieux) et de celleux qui ont précédé ou vivent encore ce bâtiment, ce quartier. Qu’est-ce qui fait communauté dans un lieu transitoire se trouvant près d’un canal où depuis sa genèse circulent des personnes, des biens, des affinités, des cadavres? Quel espace pour le partage, la mémoire. Plutôt que de constituer une archive, nous avons conçu un espace d’alliages. Une mini enquête mise à disposition, questionnant la spatiotemporalité et les désirs, projette le présent de notre communauté qui bourgeonne, fabrique et résiste comme une hydre monstrueuse thaumaturgique* pour créer des nouveaux usages et mythes, dans une volonté de résilience contre les hydres tératologiques* cyniques qui régissent nos sociétés. Nous avons fait le choix de faire voir le processus de création, pour briser la barrière d’une monstration et faire interagir les résident.es avec nos expérimentations, puisque l’œuvre s’imprègne de nos histoires et de ce lieu.
* Les hydrozoaires sont de petits animaux aquatiques, comme les méduses, qui piquent pour se défendre et attraper leurs proies.
* La thaumaturgie est, dans le domaine religieux, le fait de faire un miracle, notamment un miracle de guérison ou de résurrection
* Science des anomalies de l’organisation anatomique, congénitale et héréditaire, des êtres vivants
Toutes les matières utilisées pour la fabrication sont organiques.
Devenir Hydre — Exposition en collaboration avec Magda Cirillo (Septembre 2026)
Chapelle Saint-Lazare, Paris 10e — 3 au 11 septembre 2026
VERNISAGGE LE 03 SEPTEMBRE 2026 de 15H-19H30
Magda Cirillo et Simon Calone présentent, parmi leurs travaux personnels, installations, peintures, performance et aérographie, leur œuvre commune Intrication plastique: Transfastes.
Créée in situ pour Plateau Urbain _ Les Gens Jaurès, l’installation interroge ce qui fait communauté dans des lieux transitoires, près d’un canal où depuis sa genèse circulent des personnes, des biens, des affinités, des cadavres.
Quel espace pour le partage, pour la mémoire ?
Plutôt que de constituer une archive, ils ont conçu un espace d’alliages.
Queer as Fuck — Exposition collective (Juin 2026)
Queer as Fuck — Exposition collective (Juin 2026)
Chapelle Saint-Lazare, Paris 10e — Mois des Fiertés
Présentation de la série Memento dans le cadre du Mois des Fiertés parisien.
Memento — Série de portraits
Aérographe, huile, pastel gras
Des visages surgissent comme des revenants :
Expositions : Queer as Fuck, Chapelle Saint-Lazare, juin 2026 · Devenir Hydre, Chapelle Saint-Lazare, septembre 2026
Mots-clés : portrait; mémoire; camouflage; honte; queer; revenant; vulnérabilité; aérographe
Transfastes — Installation / Performance in situ, Les Gens Jaurès
Magda Cirillo & Simon Calone
Intrication plastique : transfastes | Notice incomplète d’édifices pour hydres, merles, murs, passages | Édifice 182
Tissus, bioplastiques, encres, fils, métal recyclé, vidéo, textes, lumières
2026
Performance présentée dans le tiers-lieu occupé par Plateau Urbain à Jaurès, Paris 19e, en juin 2026.
Elle met en lumière le fonctionnement d’un écran low-tech en décomposant les différentes couches techniques qui le composent. À la manière d’une génération par intelligence artificielle, les artistes mobilisent l’intelligence collective pour produire un contenu qui représente les valeurs communautaires du lieu.
Coproduction heyheyparis! et Plateau Urbain